30/01/2023
Le "wash trading" ou comment certains crypto-collectionneurs font gonfler les prix des NFT

Le « wash trading » ou comment certains crypto-collectionneurs font gonfler les prix des NFT

La technologie « NFT » ne cesse de défrayer l’actualité en permettant la monétisation d’œuvres numériques originales. Un nouveau rapport révèle toutefois que cet emballement pour les crypto-arts n’est pas toujours naturel. Certains internautes gonflent les prix en achetant et vendant leurs propres jetons non fongibles. Une pratique connue sous le nom de « wash trading ».

Ce processus consiste à donner l’illusion d’une demande imaginaire pour une cryptomonnaie, ou dans le cas présent des NFT, en boostant de façon artificielle  le volume des transactions. Le wash trading est souvent organisé par des gros traders qui ont la capacité d’influencer le marché. Mais, dans l’univers des crypto-arts, cette technique est mise en place par un petit groupe d’internautes endossant, eux-mêmes, les rôles d’acheteur et de vendeur.

La plateforme Chainalysis a analysé un volume de 44,2 milliards de dollars de cryptomonnaies échangées pour acquérir des NFT en 2021. Elle a identifié 262 utilisateurs qui se sont, chacun, adonnés vingt-cinq fois au wash trading. L’un d’entre eux l’a même mis en place 830 fois dans l’espoir d’empocher une plus-value au détriment des autres collectionneurs de NFT.

Spéculation et inquiétude

Toutefois, cette technique ne porte pas toujours ses fruits. Les bénéfices réalisés par certains escrocs n’ont pas compensé les frais de transaction qu’ils ont dû payer pour déplacer leurs NFT d’un portefeuille à l’autre. Une centaine d’internautes ont, eux, réussi à générer 8,9 millions de dollars de recettes grâce au wash trading. 

Selon Chainalysis, ces découvertes sont très probablement la pointe visible de l’iceberg. Il y a fort à parier que le wash trading soit monnaie courante dans le monde des NFT, étant donné qu’il ne connaît (encore) aucun contrôle. Malgré la forte volatilité des cryptomonnaies auxquelles ils sont adossés, ces jetons virtuels n’accusent aucun signe de faiblesse. Leur marché connaît un essor tel que le Financial Times l’évalue à 41 milliards de dollars. Soit presque autant que le marché de l’art traditionnel, estimé, lui, autour de 50 milliards de dollars.

Les NFT inquiètent autant qu’elles suscitent l’intérêt. Ils font l’objet de nombreux litiges ces derniers mois, en particulier concernant le droit de la propriété intellectuelle. De plus en plus d’œuvres d’artistes sont illégalement reproduites sous forme de lignes de code pour capitaliser sur ce nouveau marché de l’art. La plateforme OpenSea a récemment révélé que 80 % des NFT qu’elles commercialisent sont des fraudes, des spams ou du plagiat. La prudence est donc de mise.

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