23/06/2024
Le directeur général délégué de BNP Paribas a du mal à comprendre l'utilité d'un euro numérique

Le directeur général délégué de BNP Paribas a du mal à comprendre l’utilité d’un euro numérique



Thierry Laborde s’est interrogé sur l’utilité d’un euro numérique de la BCE face à l’émergence d’un service de paiement européen, l’European Payment Initiative.

Le directeur général délégué de BNP Paribas, Thierry Laborde, a questionné jeudi les futurs usages d’un euro numérique, projet porté par la BCE, à même de doublonner selon lui avec le service de paiement européen European Payment Initiative (EPI) qu’il soutient.

« Posez-vous la question ‘à quoi ça sert un euro numérique?' », a déclaré le dirigeant lors d’une conférence de presse sur les solutions de paiement.

« Si on a un EPI qui fonctionne, on peut se poser la question ‘à quoi ça sert?’ On peut toujours faire des choses qui ne servent à rien, ce ne sera pas la première ni la dernière fois », a-t-il continué.

Les deux projets, l’un porté par 16 banques européennes dont BNP Paribas, l’autre promu par la Banque centrale européenne (BCE), ont beaucoup de points communs. Ils entendent tous deux permettre de s’échanger de l’argent entre particuliers ou de régler ses achats chez des commerçants, mais prévoient aussi la création d’un « portefeuille » numérique, ou wallet en anglais, sous la forme d’une application mobile.

Déploiement progressif à partir de 2024

L’euro numérique se veut de son côté une réponse à la dématérialisation croissante des paiements et à la multiplication des cryptomonnaies ou de versions numériques de devises. Longtemps au point mort, le projet EPI, visant à concurrencer les géants américains Visa et Mastercard, a trouvé un second souffle avec une série d’annonces fin avril: nouveaux partenaires, premiers tests en fin d’année, déploiement progressif à partir de 2024…

L’euro numérique sera, lui, à ce moment-là loin d’être prêt. Il ne pourrait être lancé que d’ici quatre ans environ, expliquait mardi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, interrogé sur le réseau social professionnel LinkedIn. La directrice générale de l’EPI, Martina Weimert, aussi présente jeudi lors de la conférence de presse, a tenté de réconcilier les deux projets en soulignant que l’euro numérique pourrait être intégré à la solution EPI, et non vivre à part.

« Nous avons démontré qu’à travers le ‘wallet’ (…) on peut avoir les comptes bancaires, mais on peut aussi avoir le compte euro numérique », a-t-elle expliqué en référence à des tests réalisés en fin d’année dernière.

Ce que veut le client, c’est une application « tour de contrôle », a-t-elle repris, que l’EPI, à la main des banques, se propose d’être.



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