05/02/2023
Le crypto-krach n'a pas réduit l'impact sur le climat du secteur

Le crypto-krach n’a pas réduit l’impact sur le climat du secteur

C’est ce que révèle une étude menée par un data scientist de la banque centrale néerlandaise.

L’impact environnemental des cryptomonnaies, un sujet essentiel soulevé notamment par Elon Musk, n’a pas été amoindri pendant la forte correction du marché des cryptomonnaies.

C’est l’objet d’une étude menée par Alex de Vries, un data scientist de la banque centrale néerlandaise, fondateur d’un cabinet spécialisé dans l’étude de l’impact environnemental des actifs numériques.

On aurait pu se dire, en effet, que 1000 milliards de dollars de valorisation envolée sur le marché des cryptomonnaies aurait pu réduire un peu son impact environnemental: moins de valeur, moins d’énergie dépensée à miner. Cela peut paraître logique, mais ça ne l’est pas. « À moins que le bitcoin ne s’effondre davantage, il n’y a aucune raison de s’attendre à une diminution de l’impact environnemental », a déclaré Alex de Vries.

Tout cela est à mettre en équivalence avec la technicité du processus de minage et de rétribution des mineurs par rapport à la rentabilité des actifs et la note finale d’énergie. Ce que révèle en outre l’étude, c’est que la trace énergétique de ces actifs persiste bien plus longtemps qu’on ne pourrait le croire malgré la baisse de leur valeur. Pour Alex de Vries, au mieux une correction telle que celle de la semaine passée empêche que la consommation d’énergie n’aille plus haut qu’en ce moment, mais un bitcoin au moins à 25.000 dollars correspond à une consommation annuelle de 184 térawatts-heure (TWh).

D’après les chiffres en temps réel du Cambridge Bitcoin Electricity Network, la consommation électrique annualisée des bitcoins actuellement serait plutôt de l’ordre de 125 TWh. Mais d’autres cryptomonnaies, comme l’ether (autour de 100 TWh par an actuellement pour l’ensemble du réseau ethereum par exemple, selon les estimations de Digiconomist) et le dogecoin, qui utilisent les mêmes processus de création, ont également un impact important sur le climat.

Changer de système de minage et de validation

En fait, plus le prix des cryptomonnaies augmente, plus les mineurs investissent dans des ordinateurs et des serveurs pour les miner. Si le prix baisse, ils n’éteindront leurs ordinateurs que si la note énergétique finale nuit à la rentabilité de leur activité.

Donc il existe deux solutions pour que l’impact environnemental se réduise significativement dans l’état actuel des choses: soit que les prix de l’énergie montent encore plus haut, soit que l’on ait droit à un nouveau crypto krach. Un équilibre compliqué à trouver en attendant que des progrès significatifs soient faits à grande échelle en matière de minage à base d’énergie renouvelable ou en changeant de protocole pour valider les transactions et créer les cryptos.

En 2022, la blockchain ethereum va à ce titre connaître une évolution majeure de sa procédure de minage et de validation, en passant du « proof of work » (ou « preuve de travail », PoW) au « proof of stake » (ou « preuve d’enjeu », PoS), qui est beaucoup moins énergivore. Selon une estimation de la Fondation ethereum, une organisation non lucrative en faveur du développement de ce crypto-actif, cela devrait permettre de réduire la consommation d’électricité de l’ethereum de plus de 99,9%.

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