01/03/2024
La blockchain, un secteur encore semé d'embûches pour les femmes dirigeantes

La blockchain, un secteur encore semé d’embûches pour les femmes dirigeantes



Si le secteur crypto se veut en rupture avec les secteurs financier et technologique traditionnels, il ne révolutionne en rien en ce qui concerne la représentation des femmes. Une étude du cabinet BCG X, datant de l’année 2023 et relayée dans le livre blanc intitulé «Femmes & Web3» publié par la plateforme Coinhouse et le collectif Women in Web3, souligne qu’au niveau mondial seulement 13% des équipes fondatrices d’entreprises du secteur sont composées d’une femme. Et seules 7% des entreprises ont été fondées par une femme. Pire, selon la plateforme crypto Bitget qui a publié un autre rapport le 11 janvier dernier, le nombre de start-up blockchain dirigées par des femmes a chuté de 45% depuis le

début de l’année 2022.

Un constat alarmant, d’autant plus que cette faible représentation se conjugue également avec une inégalité conséquente entre ces sociétés et celles fondées par des hommes en matière de financement : la plateforme crypto Bitget évalue que les entreprises blockchain dirigées par des femmes ont récolté seulement 1,77 milliard de dollars sur les 27,8 milliards de dollars levés entre le premier trimestre 2022 et le troisième trimestre 2023, soit… à peine plus de 6%. A ce titre, le secteur de la blockchain fait cependant un peu mieux que les autres secteurs d’activité des start-up, qui n’ont capté en 2022 que 2% des fonds levés, seulement, d’après BCG X. Une différence de traitement justifiée par, là encore, la part dominante des hommes au sein des fonds d’investissement, dès lors plus enclins à injecter de l’argent dans des structures qui leur ressemblent…

En France, l’Adan (association de développement des actifs numériques) – dirigée, soulignons-le, par Faustine Fleuret – recense 14 femmes dirigeantes d’entreprises parmi ses 200 membres et relève, sans disposer de données précises, «de nombreuses femmes cofondatrices et/ou associées à des cabinets d’avocats ou d’expertise-comptable spécialisés».

Les femmes toujours sous-représentées dans les filières scientifiques

En ce qui concerne les effectifs d’entreprises blockchain au niveau national, aucun recensement n’existe mais une chose est sûre : les femmes restent également minoritaires dans les fonctions non exécutives. Une étude du cabinet McKinsey relevait ainsi en 2023 qu’elles ne comptaient que pour 22% des effectifs des entreprises de la technologie. Une disparité notamment attribuée aux lacunes en matière de formation et d’orientation scolaire : en Europe, il y a 18% de moins de femmes que d’hommes qui se dirigent vers les matières scientifiques à l’université, et même 31% en ce qui concerne le segment spécifique des technologies de l’informatique. La France n’est malheureusement pas en reste puisqu’un rapport de 2022 du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche soulignait également la part minoritaire des femmes dans les filières scientifiques.

Le tableau n’est pas plus reluisant dans la formation professionnelle : l’école blockchain Alyra nous confie qu’«entre 15 et 20% de ses 1 750 élèves formés sont des femmes». A la Blockchain Business School, plus récente, on comptabilise «douze femmes formées sur les 115 apprenants», soit un peu plus de 10%.

Afin de parer à cette sous-représentation et cette invisibilisation, la création de structures conçues pour promouvoir l’inclusivité se développe, comme le collectif de freelances du Web3, Fleet, présenté dans le livre blanc de Coinhouse. Une nécessité pour l’une des fondatrices, Flavie Prévot, qui souligne que «les femmes ont besoin d’être plus entourées parce qu’elles sont plus seules, tout simplement.» Un argument difficilement contestable au regard des données comptables que l’on vient d’écumer.



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