30/01/2023
A hand is shown carrying an egg box. Inside, instructions and a QR code invite the reader to investigate the eggs’ supply chain

La blockchain pourrait-elle rétablir la confiance des consommateurs et la sécurité alimentaire ?

Malgré les tentatives d’étiquetage de la blockchain comme une « machine à faire confiance » perturbatrice, les applications commerciales tangibles de cette technologie naissante doivent encore prendre forme dans la pratique et être plus visibles pour les clients.

Dans le secteur de l’alimentation et de l’épicerie, cependant, la confiance est devenue un élément essentiel pour des consommateurs de plus en plus exigeants après une décennie de scandales tels que la fraude sur la viande de cheval en 2013 et le mauvais étiquetage de Pret à Manger en 2016. Cette année, des exemples de Buitoni Pizza de Nestlé et de Kinder de Ferrero se sont révélés être contaminés par E. coli.

Pour les chaînes d’approvisionnement de l’industrie alimentaire, les deux principaux facteurs de confiance sont la traçabilité et la transparence. La traçabilité exige la coopération et le partage d’informations entre les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement, ce qui garantit l’efficacité et réduit les risques. La transparence comprend la divulgation, le partage des connaissances et la clarté. Elle est devenue l’un des principaux facteurs de valeur pour les aliments, aux côtés de facteurs plus traditionnels comme le prix et le goût.

La blockchain fonctionne comme un registre distribué de toutes les transactions qui ont été exécutées entre des utilisateurs appartenant à un réseau, servant ainsi de technologie de stockage et de transmission d’informations sûre et transparente. Elle a donc le potentiel de fournir les éléments de confiance requis par l’industrie alimentaire.

Grâce au mécanisme de consensus, le réseau blockchain permet également de se passer d’un intermédiaire et d’automatiser la confiance dans l’ensemble du système, ce qui bouleverse la manière dont les transactions et les processus se déroulent par rapport au système traditionnel actuel.

Les détaillants lancent davantage d’initiatives liées à la blockchain

Une boîte d’œufs du détaillant français Carrefour fournit des instructions et un code QR au consommateur afin qu’il puisse suivre la chaîne d’approvisionnement des œufs.
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Aujourd’hui, les nouvelles exigences des consommateurs poussent les entreprises à repenser la manière dont elles s’engagent et communiquent leurs informations aux parties prenantes, en faisant la lumière sur chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. Parmi les différentes options de traçabilité existantes, la blockchain a particulièrement gagné en popularité car elle permet un suivi et une visibilité en temps réel et un accès à chaque transaction du processus de la chaîne d’approvisionnement.

Un certain nombre d’entreprises ont commencé à adopter la blockchain, notamment dans le secteur du commerce de détail. En 2017, IBM a lancé sa première version du Food Trust, suivie d’une version commerciale publiée en 2020 après 18 mois de tests. Conçue exclusivement pour les entreprises, la plateforme a pour but d’aider les entreprises alimentaires à assurer la traçabilité et rassemble les distributeurs, les fournisseurs, les fabricants et les autres parties prenantes de la chaîne alimentaire, visant à connecter ces acteurs à travers un enregistrement immuable et partagé des données du système alimentaire. – C’est le géant américain Walmart qui a lancé la tendance début 2018 dans le but d’optimiser la qualité et la traçabilité des aliments.

Carrefour lui a emboîté le pas en Europe et a commencé à intégrer progressivement la technologie sur plusieurs chaînes d’approvisionnement alimentaire en lançant une blockchain alimentaire dans les secteurs du poulet, des œufs, des tomates et de la production laitière.

Comment utiliser la blockchain

Il suffit de scanner son produit via un QR code pour retrouver toutes les informations de traçabilité du produit en question comme la localisation du couvoir, la date, les coordonnées de l’élevage et de l’abattoir, le numéro de lot de l’abattage et le jour de son départ chez Carrefour, mais aussi la livraison dans votre supermarché local et la date limite de consommation.

Une étude que nous avons menée sur un leader français de la distribution qui intègre la blockchain dans certains de ses produits montre que les systèmes de traçabilité sont devenus plus efficaces au fil du temps. La technologie permet la gestion de l’identification des produits, le partage sécurisé des données – sans altération possible – entre les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, et une récupération plus rapide des données.

Quelle forme prendra la blockchain ?

La blockchain est un grand livre distribué de tous les maillons de la chaîne de production où chaque partie enregistre et signe ses informations sur une plateforme blockchain transparente, sécurisée et immuable. Toutes ces informations sont ensuite agrégées sur une base de données puis mises en place sur une interface facile d’accès via le QR code de chaque produit.

La vidéo ci-dessous est un cas d’utilisation de la blockchain chez Carrefour et appliquée à plusieurs produits. La technologie de traçabilité alimentaire peut suivre les aliments à travers toutes les phases de leur chaîne d’approvisionnement, permettant aux clients de voir l’historique complet des articles alimentaires et des informations telles que les certifications, les dates de récolte, les dates d’emballage et les données de température via un simple scan QR du produit.

Traçabilité alimentaire de Carrefour avec IBM (Majid Al Futtaim).

La blockchain se présente comme une technologie prometteuse offrant de nombreuses fonctionnalités pour garantir la confiance, la traçabilité, ainsi que la qualité des produits et la réduction des déchets alimentaires. Le plus grand défi pour son expansion reste cependant sa complexité technologique. Les entreprises auraient besoin de développer des compétences technologiques et humaines pour la mettre en œuvre avec succès au sein d’une organisation. La technologie pourrait également bénéficier d’une plus grande vitesse de traitement, nécessaire pour la faire évoluer, d’un stockage des données plus abordable et d’une consommation d’énergie réduite.

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