12/04/2024
« Ici, on se fait un réseau de dingue, on a tous des parents très bien placés »

« Ici, on se fait un réseau de dingue, on a tous des parents très bien placés »


Dans les restaurants et cafétérias du parvis de l’IE University, les étudiants se mêlent aux salariés des cabinets d’audit internationaux PricewaterhouseCoopers (PwC) et KPMG, de Havas Media, de Volkswagen, de Coca-Cola ou de la compagnie pétrolière espagnole Cepsa. Il faut dire que le campus vertical de cette université privée occupe les 24 premiers étages d’une tour tout en baies vitrées de 180 mètres, située au milieu des quatre gratte-ciel du quartier d’affaires de Madrid. « On a le logo de PwC en face : on comprend direct pour quoi on est formé », ironise Clémence Bouchard, jeune Parisienne de 22 ans, enjouée et volubile.

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Cette étudiante en quatrième année de bachelor – diplôme de premier cycle universitaire équivalent à une licence mais qui se fait en quatre ans en Espagne et en anglais – le dit sans malice. L’ancienne lycéenne à Saint-Jean-de-Passy, dans le 16e arrondissement de Paris, dont le père est un négociant en vin à la retraite et la mère travaille dans la communication, est dans son univers. Elle cumule un bachelor in business administration (BBA), la formation la plus prisée par les futurs postulants en école de commerce, et un bachelor in international relations (BIR). Elle ajoute systématiquement chacun de ses profs à son réseau LinkedIn. Et elle conjugue formation théorique et expériences professionnelles grâce aux cours pratiques, aux stages obligatoires ou aux « Labs » optionnels – des sortes d’espaces de collaboration à des projets en entreprise encadrée par des professeurs de l’IE.

« Je viens d’un lycée privé très dur, bien cassant et très catho et je ne me voyais pas continuer là-bas en classe prépa. Ici, je vais en cours avec 45 personnes de quinze nationalités différentes, nos profs sont des professionnels reconnus, je me suis fait un super réseau et je n’ai pas renoncé à ma vie sociale », ajoute la jeune femme, qui partage une colocation dans le quartier branché et festif de Malasaña, en plein centre historique de la capitale.

Dans le hall de l’université, les étudiants passent les tourniquets grâce à un système de reconnaissance faciale, avant de pouvoir monter dans les salles de classe. Conférence sur « l’avenir des NFT », atelier « gestion du stress » et autres activités défilent sur les écrans installés devant les ascenseurs. « La tour fait très “entreprise”, mais elle est super bien équipée : on a une salle de sport, une piscine et des cours de yoga et de pilates gratuits », explique Séraphine (qui préfère rester anonyme), 20 ans, en deuxième année de BIR, qui voulait avoir « une expérience à l’étranger », après avoir vécu une partie de son enfance en Turquie. Avec 15,8 de moyenne au bac à l’institut privé Sainte-Geneviève de Paris (6e arrondissement), l’étudiante, dont le père travaille dans la finance, a eu droit à une bourse qui couvre 50 % de ses frais de scolarité.

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