02/03/2024
Des bancs de la fac au Web3, ces étudiants ont sauté le pas

Des bancs de la fac au Web3, ces étudiants ont sauté le pas



La visioconférence démarre et derrière l’écran apparait une jeune femme, la vingtaine, enveloppée dans un sweatshirt griffé du nom de son université. Romane Colliot est étudiante à Paris Dauphine en master innovation financière et depuis peu, elle endosse aussi la casquette de cofondatrice d’une startup aux côtés de trois autres camarades.

Ensemble, ils ont créé la start-up Shoot qui vise à transformer la billetterie sportive en utilisant la technologie NFC (technologie de communication sans fil à courte portée et à haute fréquence, permettant l’échange d’informations entre des périphériques, NDRL) pour améliorer la sécurité, la traçabilité et la génération de revenus pour les clubs sportifs.

Naissance d’apprentis entrepreneurs du Web3

Toute cette aventure n’aurait jamais vu le jour sans l’enthousiasme et la volonté de Hervé Alexandre, directeur de la chaire Fintech à Paris Dauphine, d’intégrer les notions de blockchain dans le cursus de ses élèves. Dans le cadre du cours Fintech qu’il a crée il y a peu, en partenariat l’Observatoire de la Fintech, ces étudiants ont été exposés à divers sujets liés à l’innovation financière, notamment la finance durable, la blockchain et les cryptomonnaies. Grâce à leur professeur cryptofriendly, ils ont pu se familiariser avec les avancées de l’écosystème de la blockchain et les implications pour les services bancaires et les risques financiers. Mais surtout, ils ont pu vivre une aventure qui, pour certains comme Romane et ses coéquipiers, a peut-être changer leur destin professionnel.

« Les personnes de l’Observatoire de la FinTech sont venus à Dauphine en nous proposant de monter un projet sur trois mois lié à des moyen de paiement ou d’investissement », précise Romane Colliot. Trouver LA bonne idée n’a pas été facile. L’équipe d’entrepreneur dans l’âme a bien bataillé, mais après des jours de discussions, ils ont trouvé ce qui les rassemblait : le sport. Sans grande connaissance technique sur la blockchain et la crypto, bien qu’ils en aient eu un aperçu lors de leur cours d’innovation financière, ils ont choisi de développer une billetterie pour le secteur du sport qui permettrait de générer des billets en NFC, afin d’apporter « une meilleure sécurité, traçabilité et aussi, insiste Romane, de générer des revenus pour les clubs ».

Un projet soutenu par le PSG

Prometteur, leur projet retient l’attention de fonds d’investissement et acteur de la finance. « On a du présenter Shoot devant plusieurs personnalités comme le CEO de Nickel et toutes les équipes de l’incubateur de Dauphine. Et on a gagné ! « , se félicite la jeune femme, qui garde le meilleur pour la fin. Car oui, l’aventure aurait pu s’arrêter là, et Shoot n’aurait alors été qu’un heureux souvenir de fac. 

Sauf, que cette histoire de billeterie utilisant la technologie blockchain a attiré l’attention du milieu du sport. « On commence a voir des partenaires, dont des grands clubs qui nous suivent depuis le début à l’instar du PSG ou encore le OGC Nice, qui a été particulièrement enthousiasmé par ce que Shoot leur propose. »

Dépasser le réticence française

La startup vise aussi à déployer son projet auprès de clubs de plus petites envergure et à l’internationale. « On a noué des partenariats avec l’association sportive de Dauphine et avec la première division de la fédération française de rugby. Et ce n’est pas encore acté, et pour l’instant je ne peux pas en dire plus, mais on pourrait être amené à travailler pour un évènement sportif qui se tiendra en République Démocratique du Congo. »

Malgré cet engouement, la startup se heurte à la trop bien connue réticence française face à l’innovation. Avec une particularité pour le secteur du sport. « Comme on touche au logiciel de billetterie qui est au coeur de ce qui génère des revenus pour les clubs, notamment pour ceux qui n’ont pas de marque comme le PSG, il est difficile de les amener à se projeter dans un autre système que celui qu’ils utilisent actuellement, à savoir Digitik, pour la grande majorité. »

Cette frilosité ne les empêche de continuer à chercher des partenariat en France, qui reste leur « coeur de cible », mais réfléchit déjà à se tourner vers des clubs au Moyen-Orient, à Dubaï en particulier ou aux Etats-Unis. D’ici là, Romane Colliot, espère que Shoot aura réussi à lever assez de fonds pour conquérir ces nouveaux marchés.

L’engagement et la curiosité de ces étudiants en Fintech pour la blockchain augure des jours heureux et fructueux pour le marché du Web3



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