08/02/2023
Cryptomonnaies : 60% des Français ne les jugent pas (encore) assez fiables pour y investir

Cryptomonnaies : 60% des Français ne les jugent pas (encore) assez fiables pour y investir

Les cryptomonnaies ne jouent plus leur survie à court terme, mais leur crédibilité à long terme. Les Français se montrent encore sceptiques et méfiants quant à l’intérêt d’investir dans des monnaies virtuelles, selon l’enquête « Crypto Pulse »* de la plateforme d’achat et de revente Bitstamp. Mais près de la moitié (49 %) estime, en même temps, que les cryptomonnaies dépasseront les devises traditionnelles d’ici dix ans. Selon une autre étude récente, 8 % des Français possèdent déjà des « jetons » numériques. En plongeant un peu plus dans les détails de ce baromètre mondial, 60,5 % des particuliers et 40,2 % des entreprises sondés en France les considèrent encore comme « peu fiables ». À peine, 13,2 % des répondants les voient comme des investissements « très fiables » pour les particuliers. Un quart des sondés n’avait pas d’avis sur la question. Ce baromètre met en évidence un retard des sondés hexagonaux dans la volonté d’adopter les cryptomonnaies. 67 % des particuliers interrogés au niveau mondial pensent, au contraire, que la cryptomonnaie est un investissement fiable. Les pays émergents d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie du Sud-Est semblent les plus prédisposés à franchir le pas. Plus proches de nous, nos voisins allemands et britanniques sont aussi plus enclins, à une courte majorité, à faire confiance aux actifs numériques. Une absence de régulation peu propice à la prise de risque À garder à l’esprit, à la lecture des résultats, que l’étude s’est focalisée sur un échantillon jeune, 37 ans de moyenne d’âge, mais aussi avec des revenus annuels s’étalant de moins de 25 000 euros à 65 000 euros. Sur le papier, le public idoine pour investir dans le marché fluctuant des Bitcoins, Ethereum et autres Tezos. Mais il subsiste bien des blocages avant une adoption massive. « Il manque encore suffisamment d’éducation et de formation pour créer de l’appétence chez les investisseurs particuliers, mais aussi d’une réglementation claire en Europe. Elle devrait arriver d’ici un an et demi à deux ans », reconnaît Jean-Baptiste Graftieaux, patron Europe de Bitstamp, une des plateformes pionnières du secteur. « Enfin, il n’y a pas encore assez de commerçants en France pour les utiliser dans la vraie vie », relève-t-il. « Une partie de la population devra être séduite par autre chose que la spéculation et le trading pour y trouver de l’intérêt », complète Marianne Tordeux, directrice des affaires publiques de France Digitale, une association qui défend les intérêts des start-up tricolores. « Les cryptomonnaies et les technologies derrière doivent montrer leur utilité, notamment sur la numérisation des titres de propriété, et faire preuve d’une empreinte environnementale et sociable faible », souligne cette avocate spécialiste de la Blockchain qui mesure aussi le chemin parcouru depuis 2017, lorsque « c’était un sujet de niche et d’initiés ». Selon une récente étude de la banque Wells Fargo, la courbe d’adoption des « cryptos » suit depuis 2018 – quasiment trait pour trait – la même courbe de progression qu’avait suivie une technologie innovante à partir du milieu des années 1990 : l’Internet grand public. * Étude mondiale réalisée en février 2022 sur un panel de 28 563 répondants dont 1002 particuliers et 250 institutions en France ( 5 450 décideurs institutionnels en stratégies d’investissement et 23 113 investisseurs particuliers) répartis dans 23 pays.

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *