24/04/2024
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Ce livre qui accuse les cryptos d’avoir des racines idéologiques proches de l’extrême droite



Dans son ouvrage « No crypto. Comment bitcoin a envoûté la planète, » Nastasia Hadjadji fait un parallèle entre les utilisateurs de cette cryptomonnaie et l’extrême droite. BFM Crypto fait le point.

Les détenteurs de bitcoin sont-ils d’extrême droite? C’est l’hypothèse que fait la journaliste Nastasia Hadjadji dans son ouvrage « No crypto. Comment bitcoin a envoûté la planète », paru le 26 mai dernier. Le secteur des cryptomonnaies y est attaqué sur tous les fronts, de sa dimension économique à son impact sur l’environnement.

L’autrice évoque également les liens entre l’industrie crypto et l’extrême droite. « En dépit des discours qui tendent à ranger les cryptos dans le camp du ‘progrès’, les racines idéologiques de cette industrie épousent parfaitement celles de la droite réactionnaire », peut-on lire.

« Née de cette matrice politique, la crypto-industrie contribue aujourd’hui à relégitimer des idées et valeurs venues de l’extrême droite, tout en leur assurant une diffusion nouvelle grâce à un vernis technologique radical et « cool » », écrit Nastasia Hadjadji.

« Axe du mal »

Le bitcoin, plus que les autres cryptomonnaies, partagerait certaines valeurs de ce courant politique. Par exemple, pour les bitcoiners maximalistes, « les banques centrales sont considérées comme l’’Axe du mal’ qui vient expliquer tous les désagréments économiques actuels. Quand on regarde l’histoire de la défiance des banques centrales, en particulier de la Fed américaine, on se rend compte que ce discours est présent dans la matrice de l’extrême droite américaine », explique la journaliste à BFM Crypto.

Si l’ouvrage cite des hommes politiques américains d’extrême droite prônant l’utilisation du bitcoin, qu’en est-il en France? En 2016, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement National (anciennement Front National) s’était prononcée en faveur de l’interdiction du bitcoin, considéré comme une menace pour la souveraineté monétaire. Cette dernière qui affrontait pour la deuxième fois Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle en avril 2022, a finalement changé d’avis sur les crypto-actifs. Il n’est plus question d’interdire le bitcoin, mais de le réguler. De même, des connivences avaient été évoquées entre le candidat à l’élection présidentielle de 2022 Eric Zemmour et les cryptomonnaies.

La consultante Claire Balva avait tweeté le 7 avril dernier que « proposer des monnaies à gouvernance décentralisée, ce n’est pas d’extrême droite. Ni même de droite. Redonner à l’individu une souveraineté économique pour s’affranchir d’un système financier centralisé, ce n’est ni de droite ni d’extrême droite. Les cryptos sont apolitiques ».

Le bitcoin « nécessaire pour la liberté »

Aujourd’hui, une dimension semble cristaller le débat: la notion de liberté derrière les cryptomonnaies. Dans un entretien accordé à BFM Crypto, le bitcoiner maximaliste Kevin Loaec avait mis l’accent sur les possibilités offertes par cette cryptomonnaie. « Le bitcoin s’adresse surtout aux personnes qui sont dans l’incapacité de réaliser certaines transactions. Ceux qui n’ont pas de compte bancaire. Ceux qui ne peuvent pas faire des paiements en ligne », avait indiqué ce dernier.

Pour rappel, le 31 octobre 2008, un certain Satoshi Nakamoto – une personne ou un groupe de personnes à ce jour non identifié(s) – publiait le « white paper » du Bitcoin. Ce livre blanc, intitulé « Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System » ou traduit en français « Bitcoin: un système de monnaie électronique de pair à pair », posait les bases du fonctionnement du protocole Bitcoin.

La date de publication de ce livre blanc n’est pas le fruit du hasard. Un mois avant la publication de ce document, le 15 septembre 2008, la célèbre banque d’affaire new-yorkaise Lehman Brothers faisait faillite, entraînant le monde dans une crise financière sans précédent. L’une des premières phrases de ce libre blanc, qui va détailler le fonctionnement de la blockhain Bitcoin, est on ne peut plus claire. Le bitcoin est un « système de monnaie électronique entièrement en pair à pair (qui) permettrait d’effectuer des paiements en ligne directement d’un individu à un autre sans passer par une institution financière ».

« Une position beaucoup trop clivante »

Depuis sa création, le bitcoin a attiré de nombreux profils, pas seulement pour ses fondamentaux originels, puisque la cryptomonnaie fait aussi l’objet d’une très forte spéculation. Bitcoin « est une technologique neutre. Il y a des gens qui découvrent cette solution pour des raisons d’inclusion financière, d’autres pour son aspect spéculatif », explique Owen Simonin, aussi connu sous le nom de Hasheur, à BFM Crypto. Pour ce dernier, « être d’extrême droite ou d’extrême gauche est une position beaucoup trop clivantes pour un modèle aussi libre que les cryptomonnaies. »

Bitcoin « n’est pas d’extrême droite, n’est pas réactionnaire, n’est pas populiste et par dessus le marché, il est plus inclusif que tout. Bitcoin est un logiciel informatique », précise Julien Guitton, Cypherpunk. « Bitcoin se remarque, dans cet ensemble crypto, de par sa conception, ex nihilo, ex machina, anonyme jusqu’à son créateur, sans capital, sans dirigeant, produit par des moyens qui lui sont externes. Bitcoin n’appartient à personne et pourtant tout le monde, sans distinction, peut l’utiliser », ajoute-t-il.

Si la création du bitcoin s’explique, en partie, en opposition au système financier traditionnel, le livre blanc du bitcoin n’est rattaché à aucun courant politique. En France, en tout cas, la communauté crypto, entend rester discrète sur ses opinions politiques.





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