02/03/2024
Banni du jeu Rainbow Six, un joueur signale une fausse prise d'otage au siège d'Ubisoft

Banni du jeu Rainbow Six, un joueur signale une fausse prise d’otage au siège d’Ubisoft



Trois ans de prison, dont un ferme, ont été requis contre un joueur français ce lundi à Paris. Il est accusé de s’en être pris à Ubisoft, à la Cned ou encore à Fuse III, qui officie sur le jeu Minecraft.

Un dossier « tentaculaire » pour un « petit poisson » du piratage informatique: un « gamer » français accusé d’attaques contre le Cned (enseignement à distance) et le géant des jeux vidéo Ubisoft s’est expliqué lors d’une audience correctionnelle à Paris lundi 12 juin.

Yanni O., dont le pseudonyme de joueur est Y4nn0XX, est visé dans trois affaires distinctes survenues entre 2020 et l’été 2022 en France et au Canada. Au terme d’une audience de huit heures, le délibéré a été fixé au 3 juillet. Le procureur de la République a requis 3 ans d’emprisonnement dont 2 ans assortis d’un sursis probatoire.

L’avocat du prévenu a toutefois soulevé une exception en nullité sur une pièce importante du dossier, arguant que les données informatiques saisies lors d’une première enquête avaient été réutilisées sans base légale pour faire le lien avec des faits ultérieurs.

« Intolérant à la frustration »

Les débats ont difficilement permis de lever le voile sur la personnalité du prévenu, jeune homme chétif de 22 ans, habillé tout de noir, qualifié de « petit poisson » par un avocat des parties civiles mais d' »intelligent » et « nuisible » par un enquêteur. Surtout, des psychiatres ont décelé chez lui une « schizophrénie paranoïde » entraînant une « atténuation de la responsabilité ».

Tricheur invétéré sur de nombreux jeux vidéo, banni à d’innombrables reprises pour ses agissements, Yanni O. semble « intolérant à la frustration », devinent les magistrats. Dans le dossier le plus récent, on lui reproche de s’en être pris à la société Fuse III, qui administre des serveurs multi-joueurs du très populaire titre Minecraft, alors qu’il était soumis à un contrôle judiciaire.

S’il nie être à l’origine des attaques « en déni de service » (DDoS) ayant entraîné la destruction de matériel informatique, selon l’entreprise, il convient avoir adressé des menaces directes envers un salarié, avoir publié des messages haineux à caractère terroriste sur un forum de discussion et être l’auteur d’une chanson publiée sur Youtube où il présente ses griefs contre l’entreprise.

Il admet aussi s’être joint brièvement, un an auparavant, aux attaques retentissantes ayant entraîné le blocage du service « Ma classe à la maison » mis en place par le Cned (centre national d’enseignement à distance) dans le cadre de nouvelles mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19.

Lever des mesures de bannissement

Ses motivations: « faire le buzz » et gagner des abonnés sur Twitter, explique-t-il entre deux rires « nerveux ». Le prévenu est aussi accusé de plusieurs canulars téléphoniques ayant entraîné l’intervention de forces de police suite à la dénonciation de faits criminels inventés de toutes pièces (une pratique appelée « swatting » dans le milieu du jeu vidéo).

Son coup d’éclat avait été un appel anonyme signalant une fausse prise d’otages dans les locaux du géant des jeux vidéo Ubisoft à Montréal le 13 novembre 2020, entraînant l’évacuation pendant 8 heures de quelque 400 personnes et des enfants d’une crèche.

Il souhaitait alors faire lever les mesures de bannissement dont il faisait l’objet sur le jeu de tir Rainbow 6, consacré à la lutte anti-terroriste.

Pour camoufler son numéro de téléphone, le pirate, sans emploi et résidant chez ses parents en banlieue parisienne, détournait de son usage un logiciel de communication à distance, dont les traces d’utilisation ont été retrouvées dans son ordinateur, et passait par des serveurs situés en Russie.

« Je n’ai pas le souvenir d’avoir fait ça », a-t-il affirmé au tribunal, avant d’évoquer un complice: un « double imaginaire » selon l’avocat d’Ubisoft. Il souffle ensuite: « je n’avais pas conscience que c’était mauvais (grave). C’était comme dans un jeu ».



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